vendredi 10 juillet 2015

Traditions : Timimoun célèbre Ahellil

Gourara, cette région qui englobe la daïra de Timimoun connue sous le nom de l’oasis rouge offre un paysage hallucinant triptyque existentiel. C’est un désert où se conjuguent les hommes et leur histoire, la terre. Cette terre siège de guerres et de défis permanents, où la lutte est quasi permanente afin d’assurer, grâce aux cultures, une subsistance quotidienne. C’est dans cette partie de l’Algérie profonde du Gourara que se manifestent les chants d’une singulière délicatesse, de Ahellil. Timimoun organise cette année, du 25 au 30 décembre 2014, des journées consacrées exclusivement au chant Ahellil.
Son apparition
On ignore exactement l’époque, où ce chant fit son apparition ; cependant, certains manuscrits relèvent sa trace à partir du XIVe ou XVe siècle. Cette forme de chant qui se traduit par plusieurs façons à la fois poétique, musicale et chorégraphique, établit un équilibre entre les difficultés d’une dure existence.
Chant sacré du Gourara
C’est l’expression artistique la plus répandue, Ahellil proviendrait probablement, selon certaines sources, du mot arabe ‘tahlil’. Chanté en dialecte zénète il demeure le chant sacré du Gourara qu’on retrouve pratiquement dans toutes les cérémonies ; il est très apprécié et très convoité dans tout le territoire national et même au-delà. Il est généralement organisé la nuit, le jour étant consacré aux travaux des champs. Le chant dominant relate des thèmes religieux, dont le contenu est essentiellement focalisé sur les louanges et les supplications du prophète et aux saints locaux et autres .
Comment est-il chanté ?
Les participants forment un cercle, épaule contre épaule, reprennent en chœur des strophes, en donnant la réplique au chanteur soliste ou ‘Abechnew’ personnage central autour duquel convergent tous les regards et les chanteurs, car il n’a pas le droit à l’erreur, ce qui risquerait d’engendrer un conflit au sein des tribus et confréries. Les vers ne sont pas récités ou psalmodiés, ils sont chantés en glorifiant Dieu et son prophète et parfois de saints personnages comme Sidi-Abdekader Djillali qui vécut, pour le préciser, au XIIe siècle, connu comme étant le Saint-patron de la ville de Baghdad et fondateur de la plus ancienne des confréries, la Quadirya. Des poèmes panégyriques font également partie du récital .
Ahellil, chant exclusif du Gourara
On ne retrouve ce chant que dans cette région de Timimoun, baptisée, l’oasis rouge, à cause de la couleur utilisée pour la fabrication du pisé (toub). Cette ville doit son nom à son fondateur Mimoun, un berbère originaire du ksar de ‘Tibayaouine’. Le préfixe rajouté ‘tin’ indique l’appartenance qui nous entraîne à comprendre que Timimoun étant la ville de Mimoun. Alors que Tigourarine qui donnera plus tard Gourara ‘monticules.
Chants profanes, chants sacrés
Ce chant appartenait, dans sa forme primitive à une variété de chants profanes liés à l’érotisme et à la beauté de la femme. C’est avec le début de l’islamisation de la région en l’an 76 de l’hégire que les zaouia ont contribué à l’apprentissage et à la diffusion de l’islam. La forme la plus ancienne de Ahellil avant l’islamisation se nommait ‘izelouanes’ ; elle était célébrée en groupes mixtes ; néanmoins en public, seuls ont le droit d’y participer.
Ahellil au service de l’islam
Au début de l’islamisation du Touat (région d’Adrar) et Gourara (région de Timimoun), les missionnaires musulmans ont saisi l’importance de ces manifestations publiques et la foule qu’elles attirent afin d’introduire d’une manière progressive les paroles divines, ainsi que des notions religieuses qui apportaient les corrections nécessaires à celles empruntées auparavant .
On raconte qu’un saint local du nom de Sidi-Moussa avait une fille qui se prénommait “Lalla Daima”, qui, pour ne point sentir ni la fatigue ni les heures qui s’égrenaient fredonnait des airs, tout en actionnant la meule de grains. Son père remplaça ces airs par des paroles religieuses et d’une pierre deux coups, moudre le grain et apprendre les préceptes de l’islam.
Propagation du chant
C’est pendant les ziarate, sorte de rassemblement collectif, où l’on célèbre Dieu, son prophète et les saints locaux, que le chant Ahellil prend de l’ampleur, dont voici un petit extrait :
Seigneur, bien-aimé, notre Maître
Ta générosité jamais ne fait défaut, jette tes yeux sur moi,
Regarde-moi, Maître, à qui rien n’échappe !
Les principales régions où se sont développés ces chants se répartissent comme suit: Timimoun, Deldoul, Aougrout, Ouled-Aïssa, Ajdir, Talmine.
Ces chants évoquaient aussi l’histoire tourmentée de ces contrées ravagées à l’époque par la famine, les épidémies et les guerres tribales.
Déroulement du chant
C’est le flutiste qui donne le signal de départ, suivi du guenbri pour trouver l’accord à retenir en vue de lancer le chant. Ensuite, le soliste, à la voix merveilleuse très fine, assure la cadence, une cadence rythmée par des claquements de mains qui apportent résonance, harmonie, douceur et mélancolie. En cette occasion, Madani Fouatih, le wali, explique que la conservation de ce souvenir est la continuation du passé dans le présent car le souvenir servait notamment à immortaliser la gloire des hommes, une sorte de survivance active du passé dans le présent. Le wali attache une importance particulière à de pareilles manifestations que renferme la wilaya d’Adrar.
Depuis la prise des rênes de cet immense territoire, le wali en responsable immarcescible, infatigable multiplie les visites, suit de près le déroulement des différents projets qui assureront à Adrar une place prépondérante.
Un vent nouveau souffle et pénètre les coins les plus reculés du Grand Sud. Cette mesure concrète qui permet de conserver ces chants a accueilli un écho favorable au vu de ce qu’ils représentent, un véritable trésor inestimable, car ce trésor est une belle chose et les belles choses sont éternelles.

Aoulef ,cité de commerce .

Aoulef est une oasis de la région du Tidikelt,située à 250 kms d'Adrar,chef lieu de la wilaya et à 1400 d'Alger  ..Elle est composée de plusieurs localités :Oumanat ,Takaraft,Djedid,Gasbat Blal,Gasbat Maikhaf Roukina ,Zaouit hainoune et Habbadat .
Aoulef comprend trois paries bien distinctes :Aoulef chorfa,Aoulef arab et Timogten .
Sa création remonte à l'année 1690 par les les Mrabtine du Maroc .
Détruite en partie par de violentes pluies en 1965 qui n'ont pas cessé de tomber durant trois jours successifs ,elle fut rebâtie car les habitations en pisé (toub ou tin)s'effritaient au contact de l'eau et s'effondraient comme un château de cartes .Il fallait d'abord rétablir le réseau du système d'irrigation mis en place afin de sauver les cultures et surtout les palmiers qui constituaient une véritable richesse .

Aoulef fait partie de la région de Tidikelt (paume de la main ).L'existence de nappes phréatiques a largement contribué à la fixation des habitants qui optèrent pour un style néo -soudanais pour la construction de leurs demeures faites d'argile rouge afin de créer le contraste avec la couleur verte de la palmeraie .Ces logis n'ont pas de fondation ce qui entraîne leur fragilité ,leur toiture est soutenue par des rondins et des solives de palmiers .
Aoulef est connue pour ses foggarate destinées à l'irrigation des palmiers ;c'est un moyen très fiable pour l'exploitation et l'acheminement de l'eau ,véritable procédé ancestral qui a permis aux habitants de survivre dans cet environnement hostile qu'est le sahara .On recense plus de 120.000 .Par le passé ,cette richesse  allait être la source et l'origine de nombreux conflits avec les tribus voisines venant de Tamanrasset ,du Mali parfois même du Niger .Cette crainte ,cette appréhension d'en être dépossédé  a conduit les autochtones à se protéger en édifiant des remparts afin d’empêcher toute intrusion .
Le commerce avec Kidel  et Gao était florissant .Les caravanes qui arrivaient en Aoulef chargées de moutons ,de viande séchée ,de beurre de fromage sec ,repartaient avec des dattes ,du tissu ,du blé ,du sucre.
Les touareg n'étaient que des convoyeurs ,les gros commerçants qui détenaient ce circuit commercial étaient installés au Niger ,à Niamey et à Bamako.
Si en 1904 ,Aoulef ne dépassait guère 3700 habitants ,en 2014 par contre, la population bondit à plus de 30.000 âmes avec une densité qui avoisine les 10 habitants au km2.
La route actuelle reliant Aoulef à Reggane sur une distance de 90 kms lui aurait permis de reprendre son dynamisme régional et de connaitre un meilleur développement .
Son climat désertique ,sec et chaud , entraîne une très forte chaleur à partir du mois de mai .Plusieurs communes  voisines telles que Akabli et Tit dépendent directement d'Aoulef dont l'altitude est de 180 mètres .
Une autre région du Tidikelt .

REGGANE ,AU PASSE TRISTEMENT CELEBRE .

Reggane est une daira de plus de 20.000 habitants ,située à 140 kms d'Adrar.La ville est surtout connue par la zaouia de l'illustre cheikh Ereggani ,savant et érudit à qui la population vouait et voue encore respect et considération .Afin de l’honorer,une ziarra est célébrée chaque année le premier mai qui attire de nombreuses personnes venues des quatre coins du pays et même de l'étranger ,Mali,Niger ,Soudan ,France ...
Reggane est tristement célèbre à cause de la première explosion de la bombe atomique française .Son nom demeure attaché aux essais nucléaires .6500 français et 3500 algériens ont participé à la construction de la base militaire de Reggane qui allait servir plus tard à l'exécution de desseins machiavéliques .
La première bombe sous le nom de code 'gerboise bleue' d'une puissance de 70 kilotonnes ,soit quatre fois  celle de Hirochima allait être lancée le 13 février 1960 à El hamoudia ,70 kms de Reggane .Trois autres allait suivre :gerboise rouge le 1 avril 1960 ,gerboise blanche le 27 décembre 1960 et enfin gerboise verte le 25 avril 1961 .
Différentes pathologies sont apparues suite à ces explosions (cancer de la thyroïde ,poumon ,sein,maladies de la leucémie ,anomalies congénitales .Même les poussières radio-actives répandues dans les eaux souterraines et la flore constituaient un vrai danger pour la santé humaine et animale .Le général Pierre Marie Galois est le créateur de cette bombe ,et A.Pierre fut chargé de l'exécution du projet .
Reggane comprend plusieurs localités qui lui sont rattachées  administrativement :Tinoulef,Timadanine ,Taababt,Tinoufel,Enfiss ,Djeddida,Zaouit Reggani et Taourirt .

TAMENTIT AU PASSE GLORIEUX .

Tamentit est également une commune distante du chef-lieu d'une douzaine de kilomètres .Entre l'an 132 et 135 après J.C des tribus berbères judaïsées et juives ,fuyant les romains de peur d’être massacrées à leur tour comme ce fut le cas de leurs compatriotes (400.000 périrent)vinrent s'installer dans cette région du Touat où régnait l'accalmie et la paix .Au troisième siècle ,la population de Syrie judaïsée les rejoint ,suivirent plus tard (au 7ème siècle ) par des tribus de la péninsule ibérique .
Ces tribus fondent le ksar de Tamentit ,ensuite ceux de Tmassekh et de Tasfaout .Ces juifs ,en quête de repos entament la construction de  systèmes d'irrigation (foggarate),véritables sources artificielles issues de galeries creusées en pente très faible qui vont rejoindre la nappe  .Ces galeries sont marquées en surface par des regards pour faciliter l'entretien .Ils introduisent et domestiquent le dromadaire venu d'orient .
Ces tribus se sont mélangées aux autochtones ,aux esclaves .Elles  ont accueilli les musulmans ,surpris de trouver le peuple de la torah.
Toutes ces tribus juives seront massacrées plus tard par les musulmans qui gagnaient en nombre .
Tamentit ,région du savoir par excellence ,a vu l'existence de plusieurs zaouia et le passage de savants venant d'Irak,du Yémen ,de l'Arabie ,de l'Egypte et de la Syrie.
El Idrissi el Bekri ,Ibn Batouta et El Aichaoui ,tous de grands savants ont été les illustres hôtes de cette localité . 
On note encore récemment la visite de Nadir Maarouf ,Amine Zaoui qui raconte l'histoire de cette magnifique région dans son livre (le dernier juif de Tamentit).
On relève la chute d'une météorite d'un poids de 510kilogrammes au 14 ème siècle dans ce ksar .Elle est exposée au musée naturel de Paris .
Visister ces régions du Touat et du Tidikelt permettrait à chacun une escapade dans le temps et l'histoire et ainsi connaitre et découvrir la féerie de ces merveilleux sites à la beauté saisissante .

Le tapis de Fatis et les sites du Gourara.


Les régions du Gourara, Timimoune,  pour les profanes, a toujours constitué un pôle d’attraction qui se perpétue à travers les années .Connue surtout pour ses sites  merveilleux et son paysage féerique, cette partie de l’Algérie profonde recèle bien d’autres trésors, hélas, trop souvent, méconnus du grand public parce que, peut-être, mal exploités : il s’agit du tapis Zénète.
En effet, sa fabrication nécessite un apprentissage rigoureux, une expérience et une dextérité acquise au fil des ans.
La laine, matériau principal, est soigneusement prélevée soit, directement du mouton  par recours à la tonte, soit de la peau de l’animal une fois dépouillé.
Cette toison subit un lavage afin d’en éliminer la poussière et autres saletés .Séchée, la laine passe à l’étape suivante, le tirage, ou l’outil utilisé « le mchet »une sorte de planche de bois munie à son extrémité d’une rangée de gros clous.
Ainsi, la laine est passée à travers ce peigne métallique qui retient les saletés accumulées et permet d’acquérir une certaine souplesse à la laine .Celle-ci respire mieux.
Seconde étape : le cardage .De petites plaques rectangulaires parsemées de fines touches métalliques dont le rôle est de peigner la laine. Ces outils possèdent une poignée qui leur assure une certaine mobilité.
Tous ces outils sont de fabrication locale dont l’art et la manière sont transmis de génération en génération.
Ce cardage permet d’obtenir des bouts de laine de forme longue et conique qui seront utilisés ensuite pour être filés, grâce à une quenouille « meghzel »
Enroulée en grosses pelotes, la laine, ainsi travaillée, passe directement chez le teinturier qui s’apprête à lui donner toutes sortes de couleurs.
Pour cela, il utilise de grosses marmites ou bassines remplies d’eau bouillante mélangée savamment à un produit local ou artificiel qui déterminera la couleur souhaitée.
Elle est ensuite enroulée pour être utilisée par des mains agiles et expertes qui ne tarderont pas à la transformer, grâce au métier à tisser, en tapis, oreillers…
Le savoir-faire, l’aisance et la souplesse de ces tisserandes forcent l’admiration car le résultat confère au tapis sa qualité et sa valeur puisqu’il est exporté vers certains pays européens tels que la Suisse, la France…
Ici, il se négocie entre 4000 et 8000 da.
Le tapis de Fatis, ksar à une trentaine de kilomètres de Timimoune, est facilement reconnaissable à ses couleurs, rouge, blanc et noir.
C’est le plus prisé, le plus recherché aussi. Il existe d’autres modèles : »le makrout » ou losange le « Taza hart » 
qui sont typiques de la région de Timimoune .Le « goundou blanc « et « nejma » sont attribués à la région de Ménéa.
Durant le temps que dure le tissage du tapis, les femmes s’accompagnent de chants qui retracent les mélopées d’antan. L’outil utilisé pour tasser les fils de la laine est le peigne « el-kholala », pièce métallique munie de lames, une douzaine environ, d’une dizaine de largeur  et assemblées à leur bout par une poignée de bois. Les fils passés entre les trames, permettent d’obtenir des motifs différents, agréables à voir.
« El-aharache »est également le nom d’un tapis produit à Timimoune, du nom du ksar ou il est fabriqué.
Il mesure 1,80 mètre de long pour 90 centimètres de large .Cette reconnaissance du tapis Zénète est un élément incontournable de la culture algérienne.
Cette région du Gourara, connue surtout pour ses richesses musicales : »l » gnaoui et ahl elleil « qui connaissent un regain qui a largement dépassé les frontières mérite une meilleure approche et plus d’intérêt afin de revaloriser le métier à tisser qui demeure indubitablement ,un fabuleux trésor marquant l’identité et le patrimoine à la fois si fragile et si merveilleux que des mains de femmes ,habiles doigts de fée transforment en une chose qui vit ,qui caractérise ,consigne, estampe ,imprègne imprime inéluctablement l’histoire des générations .
Visiter cette vaste et belle région du Gourara nous invite également à découvrir le reste de la wilaya : le Touat, le Tidikelt et le Tanezrouft qui n’ont pas fini de nous étonner.
Depuis sa nomination à la tête d’Adrar, Mr Madani Fouatih, le wali ne ménage aucun effort, multiplie les visites sur le terrain à raison de deux sorties par semaine suivies de réunions quotidiennes avec les élus locaux, les membres de la société civile et son staff. 
Les projets doivent avancer et la feuille de route respectée au prix bien de sacrifice, d’abnégation et de suivi rigoureux et régulier.


TAMENTIT ,une cité mythique .

Tamentit qui signifie en berbère 'couvert des yeux' ou encore l'oeil et le sourcil' bien qu'une version soutienne que c'est 'l'eau de la source ' selon le dialecte local ,est situé à environ 12 kms au sud du chef-lieu Adrar et à 1700 kms d' Alger .
Un silence abyssal qu'entrecoupent de rares incursions de véhicules ou le braiment d'ânes enveloppe cette cité .Un pays redouté et redoutable des caravaniers qui y transitaient  dans la nuit des temps .Dissimulée derrière une vaste palmeraie comme toutes les cités et ksour du grand sud ,Tamentit n'a pas trop de choses à offrir à ses enfants .
Un océan de dunes de  sable à perte de vue ,un horizon insaisissable ,de l'ennui et un soleil en permanence .Les bambins se lancent dans d'interminables parties de foot au milieu de la poussière des dédales du vieux ksar ,presque en ruine .Une seule route ceinture le ksar à proximité du saint.Le centre d'artisanat recèle des éléments de vestige et des pièces artisanales atypiques qui témoignent du génie des habitants de cette partie de l'Algérie profonde .
Des pièces de v aisselle en céramique ,divers objets d'orfèvrerie et enfin des éléments de poterie ornent la grande salle du centre .Les poteries sont teintées en noir avec la mine de crayon d'écolier .Tamentit était jadis un endroit de rencontres de caravanes qui venaient de Tunis,de Béjaia pour aller vers l'Afrique noire en passant par le redoutable et terrifiant  désert du  Tanezrouft .Elle fut également un lieu de savoir et ksar de l'orfèvrerie,de l'artisanat et de la poterie.
Le grand cheikh  de la zaouia Sidi Mohamed Belekbir décédé il y a quelques années ,y avait fait ses études .Les arisants avec des mains expertes et agiles et un flegme dont seule la région connait le secret fasconnent divers objets hétéroclites .Tagherbit,grande 
assiette pour les dattes ,Zlafffa pour le couscous ,Tassefsif ,bocal ou broc pour l'eau.
L'artisanat constitue l'une des activités majeures de la région .A la question de savoir d'où ils tenaient ces métiers ,la réponse est sans appel,de nos aieux précisent les habitants .
Les foggara sont omniprésentes .Ce sont d'anciennes conduites d'eau souterraine destinées à irriguer la palmeraie .Ce sont les seules qui sont orientées dans le sens sud-nord ,contrairement aux autres qui essaiment les régions du Touat (Adrar et les environs ),Gourara (région de Timimpoune)et Tidikelt .(partie entre Reggane ,Aoulef et Ain Saleh).
La plus célèbre d'entres elles reste la foggara de 'Hennou' laquelle est alimentée par une source en passant sous le ksar de Tamentit à 800 mètres de profondeur .La foggara est un ouvrage  hydraulique qui réduit au maximum l'évaporation Une 'saguia' distribue cette eau par le biais de 'Kasria'(sorte de peine) vers d'autres rigoles plus petites par leur diamètre .
Une trouvaille extraordinaire qui continue d'émerveiller à ce jour et dont la réalisation est attribuée par les historiens tantot aux irakiens ,tantot à des tribus ayant peuplé la région depuis plusieurs siècles déjà,parfois à des chinois .


Tamentit jouit d'un passé glorieux et dispose en effet d'un riche patrimoine :un véritable trésor en somme !
Ses composantes ethniques ont incontestablement contribué à la formation d'une grande diversité culturelle qui s'exprime à travers le chant ,la danse ou l'architecture .
On répertorie aujourd'hui près d'une quinzaine d'expressions musicales ,poétiques et chorégraphiques .Le 'tbal' appelé également 'echellali'du nom d'un grand poète ayant vécu dans la région ,le baroud ,la hadra ,la rakbia,la barzana le karkabou ,la touiza ....
Les bibliothèques traditionnelles ,témoin d'un passé prestigieux ,doivent etre sauvegardées et réhabilitées :un impératif,une nécessité .
Il faudrait encourager l'activité touristique par des investissements privés et le balisage du circuit pour découvrir la féerie de ce merveilleux site dont la beauté vous fait douter de la réalité ,est recommandé car l'aspect culturel  demeure l'une des plus grandes curiosités de cette région .
Le programme spécial sud pourrait indubitablement ,dans ce contexte ,donner un coup de fouet autant au tourisme qu'à la réhabilitation des patrimoines culturel et artistique .
L'agriculture se réduit à des champs exploités individuellement et dont la production saisonnière suffit
 difficilement aux besoins de son exploitant.
Elle demeure tributaire des camions du nord du pays .Meme la tomate connait le revers de la médaille à l'image de ksour qui tombent en ruines.
Tamentit continue à vivre au rythme des journées qui s'égrennent inlassablement en attendant mieux car l'espoir est une belle chose et les belles choses sont éternelles .


TIMIMOUNE célèbre le ‘SBOUE ‘ du prophète .

Le ‘sboue’ de Timimoune est l’une des festivités les plus en vue dans la région du Gourara .
Ce festival ,connu localement sous le nom de ‘sboue’ ,le septième jour après la naissance du prophète Mohamed (qsssl) ,se déroule   chaque  année .
Un événement culturel, religieux ,touristique d’une grande importance .Son aspect économique revêt également toute sa dimension .Les nombreux visiteurs ,coutumiers ou pas ,y affluent de toutes les contrées du pays  et même des pays voisins afin de participer à ce rite exceptionnel  célébré par la confrérie de Sidi Hadj Belkacem . 
Les tribus des Ouled el hadj Belkacem et Hamou zine  inaugurent les premières ,les festivités ,en faisant dons de vivres aux descendants du cheikh.
La veille ,en plus du rituel et la récitation des versets coraniques ,les pèlerins assistent la nuit ,aux déclamations des kassidate telles que el hamazia ,el borda ainsi que d’autres chants religieux .
En cette occasion ,le prophète est béni ,sa majestuosité  est louée et adorée .Dans une ambiance faite de chants ,de couleur et de chaleur  emplie de saveur ,les bonnes femmes ,parées de leur plus précieux tissu , aux yeux passés au ‘khol’ et aux lèvres frictionnées de ‘meswek’ (brou de noix) confectionnent de succulents  mets tels que le couscous aux quarante ingrédients ,’khobz  el  gola’ ,’khobz ennour ‘ ‘ ettanjia’ qui affolent ,emballent vos papilles réveillant en vous ,vos émotions gustatives  bien  enfouies  dans le subconscient.
Des festivités folkloriques ,baroud sont organisées  avec la participation des ksour avoisinants très sollicités pour l’occasion   .
Le coran ,les soixante versets , est ainsi revisité ,relu , du crépuscule au lever du jour où une grande ‘fatha’ est célébrée en vue de bénéficier de la bénédiction et    de la protection  divines .
Au lieu dit ‘el djbel’ ,des groupes folkloriques et de baroud offrent des spectacles exceptionnels ,mélanges de louanges à Dieu et à son prophète ;une démonstration d’originalité et de beauté dont seule la région de Timimoune détient jalousement le secret .
Le convoi s’ébranle par la suite vers un autre site appelé ‘el houfra’ et avant qu’il ne l’atteigne ,une halte est observée au mausolée du saint patron Cheikh el Hadj Belkacem .A leur arrivée ,les pèlerins invoquent avec ferveur Dieu en entonnant de vive voix la même formule répétée par leurs ancêtres : ‘Au nom de Dieu ,il n’y a pas mieux que le nom de Dieu ‘.
Le rite se poursuit sous les supplications des visiteurs ,les détonations du baroud avant de laisser place au traditionnel prêche où sont rappelées à l’assistance ,les qualités transcendantes du prophète Mohamed (qsssl).
Le ‘SBOUE ‘ de Timimoune est sans doute l’événement le plus captivant de toute cette partie de l’Algérie profonde .
D’ une beauté époustouflante ,la célébration du baptême du prophète ,exécutée conformément aux rites séculaires ,attire incontestablement et indubitablement  nombreux visiteurs .
Le jour du sboue ,les zaouia (confréries ) participantes se réunissent et chacune d’elle est reconnaissable à son singulier  étendard et à son groupe de baroudeurs .On retrouve les oriflammes de Sidi el hadj du ksar de Tabelkoza ,de Ouled Said ,de Sidi mhamed benyoucef dont le mausolée se trouve au ksar de Massine à cinq kms de Timimoune la flamboyante .
D’autres tribus voisines  y participent elles - aussi ,celles de Djedir et de Ouled Aissa ,de Sidi brahim ,et de Louajda .
Les rues sont noires de monde ,la circulation est dense et les nombreux véhicules venus de toutes parts encombrent les artères de la ville mais les autochtones dont l’hospitalité et l’amabilité légendaires ne sont  plus à démontrer font preuve de patience et de bienveillance .
La commune aux palmeraies étincelantes  se consacre solennement à la commémoration du ‘sboue’ : une cérémonie où règne ferveur et piété.
Les habitants participent chacun à sa manière à ce grand rassemblement ,chacun orne la devanture de son commerce ,de sa maison ,histoire de faire honneur aux spectateurs .
Les fusils clamaient, les gens les acclamaient ,les danseurs  se mettent à danser sous le rythme des ‘aghlal’ et des ‘bendir’.
La foule grandissait sans cesse et dans une grande allégresse ,prônait l’unité , la paix et la repentance .
Au beau milieu de l’après-midi du sboue ,tout le monde converge vers un endroit situé à 3 kms de Timimoune plus précisément à Houfrat  ouled  belkacem .Pas une place de libre !Tous attendent l’arrivée imminente des tribus locales que nous avons citées plus haut .Elles sont reconnaissables à l’étendard qu’elles déploient et brandissent .La première tribu qui parviendra à le planter avant les autres ,se verra décerner le titre tant convoité de tribu de l’année et remettra en jeu son titre l’année prochaine .Il s’agit en outre d’une course effrénée qui nécessite des jeunes bien aguerris ,qui , à la suite d’un effort colossal essaieront , par tous les moyens pacifiques ,de glaner ce précieux trophée .
Une ambiance formidable règne et on oublie pour un instant ,toutes les tracasseries endurées .
 Un spectacle à ne pas rater !Les you-you fusent de partout ,agrémentant  gaiement cette ambiance .Des troupes folkloriques constituent l’attraction principale de cette journée .
Dans des gestes immarcessibles ,arborant de belles gandoura blanches ,des hommes dansent armés de fusils .Leur danse dure soulevant l’engouement général de la foule ,puis dans un fracas étourdissant ,la poudre tonne provoquant un immense  nuage de poussière et de fumée sous les applaudissements nourris  des spectateurs  complètement conquis et abasourdis .
Cette joie et cet enthousiasme qui se lisent les visages radieux rassurent et dans un élan de solidarité ,chacun se laisse bercer ,emporter dans un mouvement impétueux et éclectique .Le soir ,tout le monde se retrouve pour faire ripaille .
Les demeures de Timimoune restent ouvertes en cette occasion ,et tous ,sans exception aucune ,s’installent à même le sol afin de prendre part aux repas .
Des groupes de huit ou dix personnes dégustent ce couscous encore chaud et fumant .Les plats se vident car la température a considérablement chuté ces jours –ci et il faut se réchauffer comme il se doit .
Le thé ,boisson incontournable ,est servi et le rituel des trois verres n’échappe pas à la règle :trois verres qui vous rappent la langue constituant un véritable digestif .
La célébration du sboue  est une tradition bien établie et bien ancrée dans la région .
Dès que l’on s’éloigne des sentiers battus de la haine ,de la vanité ,Timimoune demeure une destination de rêve où vivent des femmes et des hommes en parfaite symbiose avec la nature où le respect des traditions ,le sens de l’accueil et de l’hospitalité légendaire rappelle que nous vivons tous sur la même planète où l’harmonie devrait régner afin de permettre à chacun de prendre le temps de savourer chaque moment ,chaque instant .
C’est un univers sans limite où l’expression naturelle de la joie spontanée créent une certaine effervescence, et vous donne rendez-vous avec l’histoire ,celle de l’Algérie qui demeure en toute circonstance ,un vaste creuset de civilisations comme le précise Mr Madani Fouatih Abderrahmane ,le Wali ,qui affiche pleinement son attachement et sa détermination à l’encouragement de pareilles manifestations religieuses , culturelles ,sportives .
C’est dans ce contexte que le premier responsable de la wilaya d’Adrar en véritable homme de terrain ,ne lésine ni sur les moyens ni sur les milliers de kilomètres parcourus à travers l’immensité de ce vaste territoire dont le redoutable désert du Tanezrouft en fait partie, sachant pertinemment  que la commune de Timiaouine à titre d’exemple se trouve à 950 kms du chef –lieu .
Ceci ne décourage nullement le wali et son équipe qui ne reculent devant rien afin de veiller au bon déroulement des projets retenus pour le bien-être du citoyen qui constitue l’intérêt principal de toute action entreprise .


RITES ET COUTUMES DU RAMADHAN EN ADRAR.



Oser s’aventurer, se hasarder, s’exposer  durant la journée dans la région d’Adrar, cette partie de l’Algérie profonde où l’on recense les plus fortes ,plantureuses , températures (entre 46 et 48 degrés ) durant la saison estivale, relève de l’exploit, de la vaillance et du défi .
On a l’impression que le soleil qui tape fort est juste au-dessus de nos têtes .Se protéger de ses rayons qui vous transpercent ,vous lézardent  ne sert à rien puisque la chaleur torride, lourde, écrasante, mordante, vous serre à la gorge , dessèche votre bouche, martyrise le bitume et  mortifie les cranes aussi .
Ceci n’empêche nullement les habitants  d’Adrar de jeuner comme tout le monde dans ces conditions difficiles, climatériques  et insupportables  et de vaquer ,s’adonner  à leurs occupations, entrains  quotidiens.
Les traditions ancestrales ,ataviques ,plésiomorphes ; se perpétuent ,se pérennisent, se maintiennent ,  se répètent au fil des siècles et pour l’adolescent, jeuner pour la première fois, fait l’objet d’un rite ,d’une vénération ,d’un culte ,d’un attachement particuliers .Une véritable cérémonie ,commémoration ,réjouissance ,est organisée.
La veille du carême, notre jeune est conduit sur une terrasse, muni d’une glace afin d’observer le croissant.
Sitôt ce geste  accompli ,ses proches se hâtent ,se dropent  de le changer et lui faire porter des habits neufs .Ce soin est généralement laissé à la grand-mère .
Une gandoura et un ‘cheche’(turban) d’un blanc immaculé, sont choisis pour la circonstance .
Puis, autour d’une table garnie ,de viande grillée et de fruits, l’adolescent se remplit la panse  jusqu’à se gaver,se baffrer ,se goinfrer, en prévision d’une longue et rude journée où il faudrait  tenir et résister.
A la rupture du jeune, il est félicité par sa famille, ses amis qui l’honorent de quelques billets bien mérités.
Du lait, des dattes et une délicieuse soupe connue sous le nom de ‘lahssa’ font partie du menu.
Les mains du jeune  sont enduites, recouvertes  de henné et ses yeux passés au ‘khol’ .On lui enfile aussi un anneau en argent .
Et voilà notre jeune homme devenu adulte .
Le rituel du thé est incontournable ,inéluctable , un thé aux trois lettres ‘J’ La première lettre ‘J’ (jmer ou braise )la seconde ‘j’(pour la jmaa ou le groupe )et enfin la troisième ‘J’(  pour le jarr ou le chant ou la conversation )
Aux environs de 22 heures, direction la mosquée pour les prières surérogatoires  (tarawih) qui durent environ une heure.
Retour à la maison pour faire ripaille et sortir soit afin de rejoindre le centre-ville pour les grandes cités soit s’affaler sur le sable doux et fin  des dunes  dans les ksour .
Là, on parle, on papote, on tergiverse,  de tout et de rien, les téléphones s’invitent majestueusement à la soirée.
L’un des présents se dérobe s’éclipse  discrètement pour aller chercher ce thé, breuvage qui vous assure énergie et force
Les femmes, une fois les tâches domestiques accomplies , exécutées se  retrouvent entre elles, évoquant ,échafaudant , se remémorant  les recettes du jour, les dernières séquences du feuilleton que personne ne rate.
L’heure du ‘shor ‘est retardée aux alentours de trois heures trente voire un peu plus .Si certains continuent à se gaver littéralement de couscous arrosé de soupe ou de lait caillé ,d’autres par contre se contentent de quelques poignées de ‘sfouf ’dattes concassées et gardées dans une ‘tadara’ ustensile en osier, et de gorgées d’eau ou de lait .Un verre de thé pour clôturer le tout et le tour est joué, le ventre bien rempli afin d’entamer la journée .

Et on croise surtout les doigts pour qu’il n’y ait pas de coupures d’électricité : pas d’électricité, pas de fraicheur, pas d’eau pas de feuilleton ; la vie tourne au ralenti !!! Dur, dur est le ramadhan en Adrar.
Mais selon  la direction de la sonelgaz , cette année, toutes les dispositions sont prises ,changements de postes transformateurs ,de supports vétustes et surtout de bouclage de lignes au niveau de points des points noirs recensés l’année dernière afin de mettre fin aux perturbations et les Adrari sont surs de passer un bon ramadhan .

Qui est Hadja Messaouda DAHOU ?


Dénicher et trouver la demeure de la défunte Hadja Messaouda  Dahou n était pas fastidieux et difficile .Il suffit juste de prononcer ce nom magique pour avoir réponse à votre question .On  m’avait dit auparavant  qu’elle avait habité en plein centre –ville  tout près de l’avenue ‘bouda’, connue  surtout pour son marché quotidien et ses magasins achalandés.
Le quartier bruyant grouille de monde à cause des bus qui s’y trouvent ;un quartier populeux qui vit de jour comme de nuit .Finalement je tombe sur un jeune adolescent qui m accompagne ,s’ arrête pour héler un copain .Omar ,crie t-il ,vient vite ,le monsieur cherche la maison de tes parents .Là ,je tombe sur son neveu ,un quinquagénaire ,la tète dissimulé d’un chèche ,m invite à pénétrer chez lui.
Une fois admis  à l’intérieur   ,je vais droit au but :qui est Hadja Messaouda  Dahou ?
Sa vie et ses origines .
Hadja Messaouda  bent  taleb de son vrai nom MEZOUAR,  d’origine de Ouargla, est née en 1911 à OUINA ,petit ksar situé à 8 kms d’Adrar .Inscrite dans les registres de l’état civil en 1926 ; sa vraie date de naissance demeure celle que nous avons indiquée en premier.
Hadja Messaouda  grandit  sans encombres dans une famille pieuse tournée entièrement vers la religion ,la soumission divine ,la piété  et la modestie .Elle étudia le coran sous l’œil intrépide de son père qui exerçait comme ‘Taleb’ à l’école coranique du ksar de   Ouina  .Elle fréquenta aussi l’école des  analphabètes  ou elle se montrait très studieuse  ,ésotérique ,éclectique ,comme si elle voulait avoir sa revanche sur le temps ,un temps qui allait lui permettre de gamberger ,de cogiter sans picosser sur les choses de la vie.
Hadja Messaouda quitte Adrar pour Béchar.
Hadja  grandit, se marie et fonde un foyer. Elle s’installe à Béchar et travaille à la base militaire .Son mariage est un échec, ce  qui ne la décourage nullement, et décide de rester dans cette ville qui l’a apprivoisée .Elle vaque à ses occupations quotidiennes, animée par une foi inébranlable. Elle commence, dès le début de la révolution armée, à s’intéresser à cette cause nationale et jure de damer le pion à l’occupant. 
Elle agissait et opérait avec une autre ‘moujahida’  Mme Khoumani Messaouda, dans l’axe Adrar, Tindouf, Béchar.
Retour au bercail.
En 1970 ; son frère Tahar, resté en Adrar, décède, laissant derrière lui des enfants en bas âge, sans ressources, dont le sort risquerait de valdinguer .Hadja   , sans  attendre décide de rentrer en Adrar avec une seule idée en tète, s’occuper de ces orphelins. A cette époque   , j’avais   10 ans m’explique Miloud, son neveu, sans elle, je ne serais jamais devenu ce que je suis : Miloud  ,ancien fonctionnaire de l’éducation ,est aujourd’hui en retraite ,une retraite qu’il savoure amplement avec ses enfants.
Hadja Messaouda  est recrutée  comme femme de ménage à la daïra et travaille d’arrache-pied  pour subvenir aux besoins de sa nouvelle famille qui allait beaucoup compter pour elle.
Parcours exemplaire.
Dès son jeune âge   ,Hadja a milité au sein du F.L.N. et a fondé la première association féminine de l’UNFA .Elle a également participé à de nombreux séminaires en France et à travers le territoire national comme le prouvent les macarons méticuleusement par son neveu Miloud.
Connue  pour ses talents de musicienne elle a crée une troupe destiné a sauvegarder les patrimoines   culturel, traditionnel et artistique de la région du Touat, Gourara et Tidikelt.
Sa voix rauque et glischroïde met en valeur ses atouts pour le chant de ‘kassidate’ de l’illustre poète populaire  Echellali.
De ses doigts agiles et experts, elle savait fignoler, avec appétence, des photos de martyrs, tissés grâce à une broderie fine .Ses œuvres sont exposés au musée des moudjahidine  en Adrar.
A titre d’anecdote, on raconte que de sa première campagne, Mr Bouteflika se trouvait en Adrar   .Hadja se trouvait  aux premières loges   , elle l’interpelle : Si ABDELKADER EL-MALI, bonjour et bienvenue. Les gens, étonnés se retournent vers cette femme qui a osé élever la voix .Bouteflika la fixe du regard, la reconnait l’applaudit et décide de descendre de la tribune pour la saluer .Elle monte à son tour et l accolade est fraternelle, sincère.
Hadja Messaouda ; malade.
Cinq avant qu’elle ne quitte ce monde, Hadja, dont la vue baissait progressivement, décide de se faire opérer .Son opération est un échec et les conséquences sont désastreuses et catastrophiques, résultat elle perd la vue.
Puis sa santé dépérit elle se plaint régulièrement de maux d’estomac et ses jambes la font terriblement souffrir.
Un an avant son décès ,Hadja Messaouda ne bouge et ne parvient plus à se mouvoir .Elle   , femme active, aujourd’hui réduite à devenir infirme : dur à avaler .Elle possédait un lopin de terre et arborait fièrement son dynamisme et son énergie pour cultiver quelques légumes En somme, une
   Occupation  saine qui égayait ses journées.
Hadja n’a jamais eu d’enfants, ce sont ceux de son frère qui l’ont rendue heureuse, épanouie.
Hadja Messaouda DAHOU meurt le 21 janvier 2014 à l’âge de 103 ans : qu’elle repose en paix.