vendredi 10 juillet 2015

TAMENTIT ,une cité mythique .

Tamentit qui signifie en berbère 'couvert des yeux' ou encore l'oeil et le sourcil' bien qu'une version soutienne que c'est 'l'eau de la source ' selon le dialecte local ,est situé à environ 12 kms au sud du chef-lieu Adrar et à 1700 kms d' Alger .
Un silence abyssal qu'entrecoupent de rares incursions de véhicules ou le braiment d'ânes enveloppe cette cité .Un pays redouté et redoutable des caravaniers qui y transitaient  dans la nuit des temps .Dissimulée derrière une vaste palmeraie comme toutes les cités et ksour du grand sud ,Tamentit n'a pas trop de choses à offrir à ses enfants .
Un océan de dunes de  sable à perte de vue ,un horizon insaisissable ,de l'ennui et un soleil en permanence .Les bambins se lancent dans d'interminables parties de foot au milieu de la poussière des dédales du vieux ksar ,presque en ruine .Une seule route ceinture le ksar à proximité du saint.Le centre d'artisanat recèle des éléments de vestige et des pièces artisanales atypiques qui témoignent du génie des habitants de cette partie de l'Algérie profonde .
Des pièces de v aisselle en céramique ,divers objets d'orfèvrerie et enfin des éléments de poterie ornent la grande salle du centre .Les poteries sont teintées en noir avec la mine de crayon d'écolier .Tamentit était jadis un endroit de rencontres de caravanes qui venaient de Tunis,de Béjaia pour aller vers l'Afrique noire en passant par le redoutable et terrifiant  désert du  Tanezrouft .Elle fut également un lieu de savoir et ksar de l'orfèvrerie,de l'artisanat et de la poterie.
Le grand cheikh  de la zaouia Sidi Mohamed Belekbir décédé il y a quelques années ,y avait fait ses études .Les arisants avec des mains expertes et agiles et un flegme dont seule la région connait le secret fasconnent divers objets hétéroclites .Tagherbit,grande 
assiette pour les dattes ,Zlafffa pour le couscous ,Tassefsif ,bocal ou broc pour l'eau.
L'artisanat constitue l'une des activités majeures de la région .A la question de savoir d'où ils tenaient ces métiers ,la réponse est sans appel,de nos aieux précisent les habitants .
Les foggara sont omniprésentes .Ce sont d'anciennes conduites d'eau souterraine destinées à irriguer la palmeraie .Ce sont les seules qui sont orientées dans le sens sud-nord ,contrairement aux autres qui essaiment les régions du Touat (Adrar et les environs ),Gourara (région de Timimpoune)et Tidikelt .(partie entre Reggane ,Aoulef et Ain Saleh).
La plus célèbre d'entres elles reste la foggara de 'Hennou' laquelle est alimentée par une source en passant sous le ksar de Tamentit à 800 mètres de profondeur .La foggara est un ouvrage  hydraulique qui réduit au maximum l'évaporation Une 'saguia' distribue cette eau par le biais de 'Kasria'(sorte de peine) vers d'autres rigoles plus petites par leur diamètre .
Une trouvaille extraordinaire qui continue d'émerveiller à ce jour et dont la réalisation est attribuée par les historiens tantot aux irakiens ,tantot à des tribus ayant peuplé la région depuis plusieurs siècles déjà,parfois à des chinois .


Tamentit jouit d'un passé glorieux et dispose en effet d'un riche patrimoine :un véritable trésor en somme !
Ses composantes ethniques ont incontestablement contribué à la formation d'une grande diversité culturelle qui s'exprime à travers le chant ,la danse ou l'architecture .
On répertorie aujourd'hui près d'une quinzaine d'expressions musicales ,poétiques et chorégraphiques .Le 'tbal' appelé également 'echellali'du nom d'un grand poète ayant vécu dans la région ,le baroud ,la hadra ,la rakbia,la barzana le karkabou ,la touiza ....
Les bibliothèques traditionnelles ,témoin d'un passé prestigieux ,doivent etre sauvegardées et réhabilitées :un impératif,une nécessité .
Il faudrait encourager l'activité touristique par des investissements privés et le balisage du circuit pour découvrir la féerie de ce merveilleux site dont la beauté vous fait douter de la réalité ,est recommandé car l'aspect culturel  demeure l'une des plus grandes curiosités de cette région .
Le programme spécial sud pourrait indubitablement ,dans ce contexte ,donner un coup de fouet autant au tourisme qu'à la réhabilitation des patrimoines culturel et artistique .
L'agriculture se réduit à des champs exploités individuellement et dont la production saisonnière suffit
 difficilement aux besoins de son exploitant.
Elle demeure tributaire des camions du nord du pays .Meme la tomate connait le revers de la médaille à l'image de ksour qui tombent en ruines.
Tamentit continue à vivre au rythme des journées qui s'égrennent inlassablement en attendant mieux car l'espoir est une belle chose et les belles choses sont éternelles .


TIMIMOUNE célèbre le ‘SBOUE ‘ du prophète .

Le ‘sboue’ de Timimoune est l’une des festivités les plus en vue dans la région du Gourara .
Ce festival ,connu localement sous le nom de ‘sboue’ ,le septième jour après la naissance du prophète Mohamed (qsssl) ,se déroule   chaque  année .
Un événement culturel, religieux ,touristique d’une grande importance .Son aspect économique revêt également toute sa dimension .Les nombreux visiteurs ,coutumiers ou pas ,y affluent de toutes les contrées du pays  et même des pays voisins afin de participer à ce rite exceptionnel  célébré par la confrérie de Sidi Hadj Belkacem . 
Les tribus des Ouled el hadj Belkacem et Hamou zine  inaugurent les premières ,les festivités ,en faisant dons de vivres aux descendants du cheikh.
La veille ,en plus du rituel et la récitation des versets coraniques ,les pèlerins assistent la nuit ,aux déclamations des kassidate telles que el hamazia ,el borda ainsi que d’autres chants religieux .
En cette occasion ,le prophète est béni ,sa majestuosité  est louée et adorée .Dans une ambiance faite de chants ,de couleur et de chaleur  emplie de saveur ,les bonnes femmes ,parées de leur plus précieux tissu , aux yeux passés au ‘khol’ et aux lèvres frictionnées de ‘meswek’ (brou de noix) confectionnent de succulents  mets tels que le couscous aux quarante ingrédients ,’khobz  el  gola’ ,’khobz ennour ‘ ‘ ettanjia’ qui affolent ,emballent vos papilles réveillant en vous ,vos émotions gustatives  bien  enfouies  dans le subconscient.
Des festivités folkloriques ,baroud sont organisées  avec la participation des ksour avoisinants très sollicités pour l’occasion   .
Le coran ,les soixante versets , est ainsi revisité ,relu , du crépuscule au lever du jour où une grande ‘fatha’ est célébrée en vue de bénéficier de la bénédiction et    de la protection  divines .
Au lieu dit ‘el djbel’ ,des groupes folkloriques et de baroud offrent des spectacles exceptionnels ,mélanges de louanges à Dieu et à son prophète ;une démonstration d’originalité et de beauté dont seule la région de Timimoune détient jalousement le secret .
Le convoi s’ébranle par la suite vers un autre site appelé ‘el houfra’ et avant qu’il ne l’atteigne ,une halte est observée au mausolée du saint patron Cheikh el Hadj Belkacem .A leur arrivée ,les pèlerins invoquent avec ferveur Dieu en entonnant de vive voix la même formule répétée par leurs ancêtres : ‘Au nom de Dieu ,il n’y a pas mieux que le nom de Dieu ‘.
Le rite se poursuit sous les supplications des visiteurs ,les détonations du baroud avant de laisser place au traditionnel prêche où sont rappelées à l’assistance ,les qualités transcendantes du prophète Mohamed (qsssl).
Le ‘SBOUE ‘ de Timimoune est sans doute l’événement le plus captivant de toute cette partie de l’Algérie profonde .
D’ une beauté époustouflante ,la célébration du baptême du prophète ,exécutée conformément aux rites séculaires ,attire incontestablement et indubitablement  nombreux visiteurs .
Le jour du sboue ,les zaouia (confréries ) participantes se réunissent et chacune d’elle est reconnaissable à son singulier  étendard et à son groupe de baroudeurs .On retrouve les oriflammes de Sidi el hadj du ksar de Tabelkoza ,de Ouled Said ,de Sidi mhamed benyoucef dont le mausolée se trouve au ksar de Massine à cinq kms de Timimoune la flamboyante .
D’autres tribus voisines  y participent elles - aussi ,celles de Djedir et de Ouled Aissa ,de Sidi brahim ,et de Louajda .
Les rues sont noires de monde ,la circulation est dense et les nombreux véhicules venus de toutes parts encombrent les artères de la ville mais les autochtones dont l’hospitalité et l’amabilité légendaires ne sont  plus à démontrer font preuve de patience et de bienveillance .
La commune aux palmeraies étincelantes  se consacre solennement à la commémoration du ‘sboue’ : une cérémonie où règne ferveur et piété.
Les habitants participent chacun à sa manière à ce grand rassemblement ,chacun orne la devanture de son commerce ,de sa maison ,histoire de faire honneur aux spectateurs .
Les fusils clamaient, les gens les acclamaient ,les danseurs  se mettent à danser sous le rythme des ‘aghlal’ et des ‘bendir’.
La foule grandissait sans cesse et dans une grande allégresse ,prônait l’unité , la paix et la repentance .
Au beau milieu de l’après-midi du sboue ,tout le monde converge vers un endroit situé à 3 kms de Timimoune plus précisément à Houfrat  ouled  belkacem .Pas une place de libre !Tous attendent l’arrivée imminente des tribus locales que nous avons citées plus haut .Elles sont reconnaissables à l’étendard qu’elles déploient et brandissent .La première tribu qui parviendra à le planter avant les autres ,se verra décerner le titre tant convoité de tribu de l’année et remettra en jeu son titre l’année prochaine .Il s’agit en outre d’une course effrénée qui nécessite des jeunes bien aguerris ,qui , à la suite d’un effort colossal essaieront , par tous les moyens pacifiques ,de glaner ce précieux trophée .
Une ambiance formidable règne et on oublie pour un instant ,toutes les tracasseries endurées .
 Un spectacle à ne pas rater !Les you-you fusent de partout ,agrémentant  gaiement cette ambiance .Des troupes folkloriques constituent l’attraction principale de cette journée .
Dans des gestes immarcessibles ,arborant de belles gandoura blanches ,des hommes dansent armés de fusils .Leur danse dure soulevant l’engouement général de la foule ,puis dans un fracas étourdissant ,la poudre tonne provoquant un immense  nuage de poussière et de fumée sous les applaudissements nourris  des spectateurs  complètement conquis et abasourdis .
Cette joie et cet enthousiasme qui se lisent les visages radieux rassurent et dans un élan de solidarité ,chacun se laisse bercer ,emporter dans un mouvement impétueux et éclectique .Le soir ,tout le monde se retrouve pour faire ripaille .
Les demeures de Timimoune restent ouvertes en cette occasion ,et tous ,sans exception aucune ,s’installent à même le sol afin de prendre part aux repas .
Des groupes de huit ou dix personnes dégustent ce couscous encore chaud et fumant .Les plats se vident car la température a considérablement chuté ces jours –ci et il faut se réchauffer comme il se doit .
Le thé ,boisson incontournable ,est servi et le rituel des trois verres n’échappe pas à la règle :trois verres qui vous rappent la langue constituant un véritable digestif .
La célébration du sboue  est une tradition bien établie et bien ancrée dans la région .
Dès que l’on s’éloigne des sentiers battus de la haine ,de la vanité ,Timimoune demeure une destination de rêve où vivent des femmes et des hommes en parfaite symbiose avec la nature où le respect des traditions ,le sens de l’accueil et de l’hospitalité légendaire rappelle que nous vivons tous sur la même planète où l’harmonie devrait régner afin de permettre à chacun de prendre le temps de savourer chaque moment ,chaque instant .
C’est un univers sans limite où l’expression naturelle de la joie spontanée créent une certaine effervescence, et vous donne rendez-vous avec l’histoire ,celle de l’Algérie qui demeure en toute circonstance ,un vaste creuset de civilisations comme le précise Mr Madani Fouatih Abderrahmane ,le Wali ,qui affiche pleinement son attachement et sa détermination à l’encouragement de pareilles manifestations religieuses , culturelles ,sportives .
C’est dans ce contexte que le premier responsable de la wilaya d’Adrar en véritable homme de terrain ,ne lésine ni sur les moyens ni sur les milliers de kilomètres parcourus à travers l’immensité de ce vaste territoire dont le redoutable désert du Tanezrouft en fait partie, sachant pertinemment  que la commune de Timiaouine à titre d’exemple se trouve à 950 kms du chef –lieu .
Ceci ne décourage nullement le wali et son équipe qui ne reculent devant rien afin de veiller au bon déroulement des projets retenus pour le bien-être du citoyen qui constitue l’intérêt principal de toute action entreprise .


RITES ET COUTUMES DU RAMADHAN EN ADRAR.



Oser s’aventurer, se hasarder, s’exposer  durant la journée dans la région d’Adrar, cette partie de l’Algérie profonde où l’on recense les plus fortes ,plantureuses , températures (entre 46 et 48 degrés ) durant la saison estivale, relève de l’exploit, de la vaillance et du défi .
On a l’impression que le soleil qui tape fort est juste au-dessus de nos têtes .Se protéger de ses rayons qui vous transpercent ,vous lézardent  ne sert à rien puisque la chaleur torride, lourde, écrasante, mordante, vous serre à la gorge , dessèche votre bouche, martyrise le bitume et  mortifie les cranes aussi .
Ceci n’empêche nullement les habitants  d’Adrar de jeuner comme tout le monde dans ces conditions difficiles, climatériques  et insupportables  et de vaquer ,s’adonner  à leurs occupations, entrains  quotidiens.
Les traditions ancestrales ,ataviques ,plésiomorphes ; se perpétuent ,se pérennisent, se maintiennent ,  se répètent au fil des siècles et pour l’adolescent, jeuner pour la première fois, fait l’objet d’un rite ,d’une vénération ,d’un culte ,d’un attachement particuliers .Une véritable cérémonie ,commémoration ,réjouissance ,est organisée.
La veille du carême, notre jeune est conduit sur une terrasse, muni d’une glace afin d’observer le croissant.
Sitôt ce geste  accompli ,ses proches se hâtent ,se dropent  de le changer et lui faire porter des habits neufs .Ce soin est généralement laissé à la grand-mère .
Une gandoura et un ‘cheche’(turban) d’un blanc immaculé, sont choisis pour la circonstance .
Puis, autour d’une table garnie ,de viande grillée et de fruits, l’adolescent se remplit la panse  jusqu’à se gaver,se baffrer ,se goinfrer, en prévision d’une longue et rude journée où il faudrait  tenir et résister.
A la rupture du jeune, il est félicité par sa famille, ses amis qui l’honorent de quelques billets bien mérités.
Du lait, des dattes et une délicieuse soupe connue sous le nom de ‘lahssa’ font partie du menu.
Les mains du jeune  sont enduites, recouvertes  de henné et ses yeux passés au ‘khol’ .On lui enfile aussi un anneau en argent .
Et voilà notre jeune homme devenu adulte .
Le rituel du thé est incontournable ,inéluctable , un thé aux trois lettres ‘J’ La première lettre ‘J’ (jmer ou braise )la seconde ‘j’(pour la jmaa ou le groupe )et enfin la troisième ‘J’(  pour le jarr ou le chant ou la conversation )
Aux environs de 22 heures, direction la mosquée pour les prières surérogatoires  (tarawih) qui durent environ une heure.
Retour à la maison pour faire ripaille et sortir soit afin de rejoindre le centre-ville pour les grandes cités soit s’affaler sur le sable doux et fin  des dunes  dans les ksour .
Là, on parle, on papote, on tergiverse,  de tout et de rien, les téléphones s’invitent majestueusement à la soirée.
L’un des présents se dérobe s’éclipse  discrètement pour aller chercher ce thé, breuvage qui vous assure énergie et force
Les femmes, une fois les tâches domestiques accomplies , exécutées se  retrouvent entre elles, évoquant ,échafaudant , se remémorant  les recettes du jour, les dernières séquences du feuilleton que personne ne rate.
L’heure du ‘shor ‘est retardée aux alentours de trois heures trente voire un peu plus .Si certains continuent à se gaver littéralement de couscous arrosé de soupe ou de lait caillé ,d’autres par contre se contentent de quelques poignées de ‘sfouf ’dattes concassées et gardées dans une ‘tadara’ ustensile en osier, et de gorgées d’eau ou de lait .Un verre de thé pour clôturer le tout et le tour est joué, le ventre bien rempli afin d’entamer la journée .

Et on croise surtout les doigts pour qu’il n’y ait pas de coupures d’électricité : pas d’électricité, pas de fraicheur, pas d’eau pas de feuilleton ; la vie tourne au ralenti !!! Dur, dur est le ramadhan en Adrar.
Mais selon  la direction de la sonelgaz , cette année, toutes les dispositions sont prises ,changements de postes transformateurs ,de supports vétustes et surtout de bouclage de lignes au niveau de points des points noirs recensés l’année dernière afin de mettre fin aux perturbations et les Adrari sont surs de passer un bon ramadhan .

Qui est Hadja Messaouda DAHOU ?


Dénicher et trouver la demeure de la défunte Hadja Messaouda  Dahou n était pas fastidieux et difficile .Il suffit juste de prononcer ce nom magique pour avoir réponse à votre question .On  m’avait dit auparavant  qu’elle avait habité en plein centre –ville  tout près de l’avenue ‘bouda’, connue  surtout pour son marché quotidien et ses magasins achalandés.
Le quartier bruyant grouille de monde à cause des bus qui s’y trouvent ;un quartier populeux qui vit de jour comme de nuit .Finalement je tombe sur un jeune adolescent qui m accompagne ,s’ arrête pour héler un copain .Omar ,crie t-il ,vient vite ,le monsieur cherche la maison de tes parents .Là ,je tombe sur son neveu ,un quinquagénaire ,la tète dissimulé d’un chèche ,m invite à pénétrer chez lui.
Une fois admis  à l’intérieur   ,je vais droit au but :qui est Hadja Messaouda  Dahou ?
Sa vie et ses origines .
Hadja Messaouda  bent  taleb de son vrai nom MEZOUAR,  d’origine de Ouargla, est née en 1911 à OUINA ,petit ksar situé à 8 kms d’Adrar .Inscrite dans les registres de l’état civil en 1926 ; sa vraie date de naissance demeure celle que nous avons indiquée en premier.
Hadja Messaouda  grandit  sans encombres dans une famille pieuse tournée entièrement vers la religion ,la soumission divine ,la piété  et la modestie .Elle étudia le coran sous l’œil intrépide de son père qui exerçait comme ‘Taleb’ à l’école coranique du ksar de   Ouina  .Elle fréquenta aussi l’école des  analphabètes  ou elle se montrait très studieuse  ,ésotérique ,éclectique ,comme si elle voulait avoir sa revanche sur le temps ,un temps qui allait lui permettre de gamberger ,de cogiter sans picosser sur les choses de la vie.
Hadja Messaouda quitte Adrar pour Béchar.
Hadja  grandit, se marie et fonde un foyer. Elle s’installe à Béchar et travaille à la base militaire .Son mariage est un échec, ce  qui ne la décourage nullement, et décide de rester dans cette ville qui l’a apprivoisée .Elle vaque à ses occupations quotidiennes, animée par une foi inébranlable. Elle commence, dès le début de la révolution armée, à s’intéresser à cette cause nationale et jure de damer le pion à l’occupant. 
Elle agissait et opérait avec une autre ‘moujahida’  Mme Khoumani Messaouda, dans l’axe Adrar, Tindouf, Béchar.
Retour au bercail.
En 1970 ; son frère Tahar, resté en Adrar, décède, laissant derrière lui des enfants en bas âge, sans ressources, dont le sort risquerait de valdinguer .Hadja   , sans  attendre décide de rentrer en Adrar avec une seule idée en tète, s’occuper de ces orphelins. A cette époque   , j’avais   10 ans m’explique Miloud, son neveu, sans elle, je ne serais jamais devenu ce que je suis : Miloud  ,ancien fonctionnaire de l’éducation ,est aujourd’hui en retraite ,une retraite qu’il savoure amplement avec ses enfants.
Hadja Messaouda  est recrutée  comme femme de ménage à la daïra et travaille d’arrache-pied  pour subvenir aux besoins de sa nouvelle famille qui allait beaucoup compter pour elle.
Parcours exemplaire.
Dès son jeune âge   ,Hadja a milité au sein du F.L.N. et a fondé la première association féminine de l’UNFA .Elle a également participé à de nombreux séminaires en France et à travers le territoire national comme le prouvent les macarons méticuleusement par son neveu Miloud.
Connue  pour ses talents de musicienne elle a crée une troupe destiné a sauvegarder les patrimoines   culturel, traditionnel et artistique de la région du Touat, Gourara et Tidikelt.
Sa voix rauque et glischroïde met en valeur ses atouts pour le chant de ‘kassidate’ de l’illustre poète populaire  Echellali.
De ses doigts agiles et experts, elle savait fignoler, avec appétence, des photos de martyrs, tissés grâce à une broderie fine .Ses œuvres sont exposés au musée des moudjahidine  en Adrar.
A titre d’anecdote, on raconte que de sa première campagne, Mr Bouteflika se trouvait en Adrar   .Hadja se trouvait  aux premières loges   , elle l’interpelle : Si ABDELKADER EL-MALI, bonjour et bienvenue. Les gens, étonnés se retournent vers cette femme qui a osé élever la voix .Bouteflika la fixe du regard, la reconnait l’applaudit et décide de descendre de la tribune pour la saluer .Elle monte à son tour et l accolade est fraternelle, sincère.
Hadja Messaouda ; malade.
Cinq avant qu’elle ne quitte ce monde, Hadja, dont la vue baissait progressivement, décide de se faire opérer .Son opération est un échec et les conséquences sont désastreuses et catastrophiques, résultat elle perd la vue.
Puis sa santé dépérit elle se plaint régulièrement de maux d’estomac et ses jambes la font terriblement souffrir.
Un an avant son décès ,Hadja Messaouda ne bouge et ne parvient plus à se mouvoir .Elle   , femme active, aujourd’hui réduite à devenir infirme : dur à avaler .Elle possédait un lopin de terre et arborait fièrement son dynamisme et son énergie pour cultiver quelques légumes En somme, une
   Occupation  saine qui égayait ses journées.
Hadja n’a jamais eu d’enfants, ce sont ceux de son frère qui l’ont rendue heureuse, épanouie.
Hadja Messaouda DAHOU meurt le 21 janvier 2014 à l’âge de 103 ans : qu’elle repose en paix.

jeudi 9 juillet 2015

Le défi de mon fils....



Au combat de mon fils , une lutte qui dure depuis plus de 18 ans et qui est parvenu à décrocher son bac .Merci bcp à vos nombreux témoignages de sympathie et à ceux qui nous ont soutenus .
Photo de Hachimi Hichem.
Malgré un handicap de santé ( cardiopathie congénitale ) qui l' a contraint à sécher le troisième trimestre de l ' année dernière mais admis en classe supérieure grâce à des notes excellentes des 1 et 2 ème trimestres ( plus de 16) ;mon fils est parvenu à se rehausser, ravaler, raviver son parcours .Cette année , il rechuta en hiver et au printemps .Grâce à sa détermination impassible , sa suputation inébranlable, à des sacrifices , il parvient à décrocher son bac serie 'S' avec une bonne moyenne. El hamdou lillah ya rab ! Nahmoudouh wa nachkourouh !

samedi 4 juillet 2015

Marchands ambulants de thé.



Si auparavant les locaux réservés à l’usage du téléphone ou ‘taxiphone’ comme on préfère les appeler chez nous pullulaient et chacun y trouvait son compte, aujourd’hui, avec le succès que connaissent les téléphones portables, leur mode de paiement et leur recharge abordable, ces locaux ‘taxiphones’ sont boudés.
En Adrar, ce qui frappe le visiteur ce sont ces multitudes buvettes ambulantes qui poussent tels des champignons.
Avec des moyens de fortune, un brasero (majmer) une théière  quelques morceaux de cartons d’emballage et le tour est joué.
C’est avec ça que je gagne ma vie m’explique Kaddour, un jeune homme du haut de son 1,90cm ; mes courses, je les fais en fin d’après-midi et à partir de 17 heures je m’installe toujours au même endroit auquel mes clients s’y sont habitués.
Ces vendeurs ambulants n’ont pas d’autres occupations et ceci représente leur unique source de revenu. Certains, ont préféré saisir les opportunités offertes par l’Ansej,Cnac Anjem et avec l’accord de prêts octroyés ils se retrouvent à la tête d’une petite entreprise qui leur permet de subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs familles et d’embaucher d’autres personnes :Une aubaine !
Après avoir contracté ce prêt Dieu merci me confie Slimane, ma micro-entreprise marche bien et je n’ai pas à me plaindre, j’économise afin de rembourser progressivement mes dettes.
Certains vendeurs de thé, mieux équipés, possèdent leur propre carriole fixée sur des roulements ou des pneumatiques, le plus souvent des pneus usagés ayant servi. L‘ essentiel est de bouger et ne pas avoir à trainer le matériel. Couvertures, nattes, sucre ; thé, tout un tas d’objets hétéroclites que le vendeur étale à même le sol. Le travail commence tôt le matin .Les arrêts de bus, de taxis sont les plus prisés et chaque habitué des lieux (vendeur) a une place réservée, acquise depuis longtemps et personne n’osera le détrôner
D’autres par contre, recherchent de petits coins ombragés et installent leurs ustensiles. Il faut reconnaitre à certains la qualité de la préparation du thé, un thé mousseux qui vous râpe  la langue. Agrémenté de cacahuète, tant pis pour le régime !il est siroté à longueur de journée et permet d’étancher la soif.
Le soir, la grande place d’Adrar qui se trouve juste en face du siège de l’APC est quasi monopolisée par ces petits vendeurs qui vous attirent et vous allèchent par tout un rituel. Nattes, couvertures étalées à même le sol font le bonheur des dégustateurs, toujours nombreux à chercher un coin et converser avec des amis
Vous allonger et vous détendre vous fait rêver et la nostalgie du bled, surtout pour ceux qui viennent de loin car la séparation d’êtres chers est parfois pénible, ressurgit et finit par s’estomper.
La préparation du thé obéit à certaines règles, d’bord disposer de deux théières, la dextérité fera le reste. Faire une décoction dans la première puis après le temps imparti selon l’œil averti du préparateur, transvaser  le liquide dans la seconde puis sucrer et servir ;la menthe sera ajoutée la deuxième fois.
Pugnaces et immarcescibles, ils sont là été comme hiver sans broncher en adoptant une attitude éclectique  qui fait d’eux des personnes impétueuses.  

LUTTE CONTRE LA DESERTIFICATION .



Le 17 juin a été choisi par l’assemblée générale des nations unies pour rappeler la date de l’adoption de la convention de lutte contre la désertification, le 17 juin 1994.
L’Algérie a ratifié cette convention en mai 1996 par décret présidentiel .Ceci représente l’engagement ferme de notre pays  à intégrer la lutte contre la désertification dans ses politiques de développement.
La journée mondiale de lutte contre la désertification est une occasion de se pencher sur les causes et les conséquences et de ce fléau et de montrer solidaires envers les populations directement touchées.
La désertification et la sècheresse compromettent le développement durable en raison de la relation existante entre ces phénomènes et d’importants problèmes sociaux comme la pauvreté, la mauvaise situation sanitaire, nutritionnelle et l’insécurité alimentaire.
De cela découlent de migrations et des déplacements des populations.
Les humains vivant dans les zones touchées ou menacées par la désertification sont au centre des préoccupations de cette communauté.
La wilaya d’Adrar n’échappe pas à ce phénomène et il faudrait lutter contre la désertification et atténuer les effets de sècheresse grâce à des mesures efficaces à tous les niveaux.
Il s’agit en effet d’intégrer les programmes d’action nationaux comme développement durable et adopter une approche intégrée aussi visant les aspects physiques, biologiques et socio-économiques car la dégradation des terres dans ces zones arides engendrent des variations climatiques.
Il faut rappeler que 110 pays à travers le monde soit le 1/5 de la population sont touchés ou menacés par la désertification ainsi que 1/4 de la superficie des terres émergées soit 5,2 milliards d’hectares.
La désertification coute 42 millions de dollars par an .La moitié de cette somme suffirait pour remettre en état les zones dégradées.
En Algérie, 200 millions d’hectares sont occupées par le Sahara dont 20 millions sont touchées par la désertification,12 millions par l’érosion hydrique et 3 millions d’habitants concernés directement .
Les conséquences sont nombreuses :de l’appauvrissement généralisé des sols à la baisse de leur fertilité et à leur stérilisation .
L’envahissement dunaire prend de l’importance et on enregistre un exode rural de la population.
Il est grand temps de lutter efficacement contre ce fléau (désertification) par la remise en état des terres partiellement dégradées et d’initier la restauration des sols désertifiés.
Il faudrait aussi prendre en considération la reconstitution des massifs forestiers, la plantation d’arbres et d’arbustes fourragères, la mobilisation de la ressource en eau par le forage de puits et captage des sources, des aménagements de pistes et la protection des périmètres agricoles.
Conformément à l’article 09 de la convention de la lutte contre la désertification, l’Algérie élabore son plan d’action national de lutte par la préservation des ressources naturelles et la participation des populations concernées.